Rive droite Rive gauche

Quand le joyeux jazz  est là !

Soucieuse d’éclectisme, l’Association Musique à Albas est revenue aux racines du jazz, ou presque, le temps d’un concert. Presque, car ce come-back était une parfaite illustration du style New Orleans, si cher aux accros de la clarinette qui avaient noms Sydney Bechet, les alter ego français Claude Luter et Maxime Saury, ou encore le tromboniste Benny Vasseur et, of course, le « roi », l’irremplaçable Louis Armstrong. Ce n’était pas l’historique « Hot Five », mais un sextet de copains parisiens pétris de ce joyeux jazz qui ne se prend pas la tête et qui joue pour le plaisir, le leur et celui du public, ravi de sa soirée et le faisant savoir avec enthousiasme au trompettiste, au pianiste, au tromboniste, au contrebassiste, au drummer et au leader clarinettiste, soit six musiciens, le compte est bon ! Ces joyeux drilles se font appeler Rive Droite Rive Gauche, ce qui colle pile poil au pays de… Rivière Haute Rivière Basse !
Pendant près de deux heures, ils ont puisé largement dans un répertoire connu, de St Germain Dance (Saint-Germain-des-Prés oblige) à Sweet Georgia Brown en passant par l’inoxydable When The Saints Go Marchin’ In et bien d’autres standards que chacune et chacun se plaisaient à reconnaître dès les premières notes. On n’est jamais si bien étonné que par ce que l’on… reconnaît ! Les hommages se suivent et on redécouvre des titres qui ont bercé la folle jeunesse : Hello Dolly et Armstrong, Douce France et Ch. Trenet, The Mooche et le légendaire Duke Ellington, Petite Fleur dans Les Rues d’Antibes et un certain Sydney Bechet, Memories of You, d’un pianiste qui fêta son centenaire à Nice, il y a… plus de 30 ans, Eubie Blake (filmé à l’époque par Averty !).
Le public debout, en voulait encore, preuve que ce vieux jazz reste synonyme de joie de vivre et de danser. Un pot amical permettait aux uns de connaître les autres, à savoir l’auditoire heureux de rencontrer les « copains » musiciens et d’évoquer les bons souvenirs de ce jazz qui fait chaud au coeur.

Jean Louis CRASSAC - la Vie Quercynoise octobre 2015