Duo Humoresque

Classique ou jazz, du haut niveau

Albas  : Clara et Xénia, Duo Humoresque, musicalité et charme au plus haut niveau.

On connaît le souci primordial de l’association Musique à Albas, une recherche de solistes pour la plus grande satisfaction du mélomane le plus exigeant. Pour ce 10e  anniversaire, le choix s’était porté sur un duo féminin exemplaire, la pianiste Xénia Maliarevitch et la violoncelliste Clara Zaoui. La programmation avait de quoi séduire, Fauré, Schumann, Kodaly, Rachmaninov et Piazzola. Si on consulte le CV de ces deux jeunes femmes, on peut constater qu’elles ont suivi des études supérieures auprès de grands maîtres, de SaintPétersbourg à Paris. Pourquoi Humoresque ? Jeu de mots entre humour et humeur. Dvorak en a fait une pièce ravissante que ces deux solistes auraient pu ajouter à leur répertoire. Avec Fauré, on entre dans le vif du sujet par ce fil conducteur de la voix humaine au mythique instrument qui pourrait se rapprocher le plus, le violoncelle. Trois romances sans paroles, tout  est dit dans un chant mélodique fort écrit par le compositeur à l’âge de 17 ans seulement. On reste sur un autre triptyque, celui de Schumann, les fameuses Fantaisies, petites pièces où vont se mêler tendresse, légèreté et envolée rapide passionnelle. Puis, la Hongrie de Kodaly (prononcer « Kodaï » !), une Sonatine évocatrice d’une musique à caractère populaire, puissante et crépusculaire à la fois, marquée la délicatesse du doigté de la cello. Rachmaninov ! Qui n’aime pas Rachmaninov ? Si on est un peu écrasé par la masse symphonique, quoi de mieux que d’écouter une Sonate qui à elle seule évoque un concerto pour piano, l’orchestre étant le violoncelle. Là encore l’autorité de la pianiste s’affirme. Au final le grand Astor Piazzola et son fameux Grand Tango, écrit pour le maestro Rostropovitch qu’on découvrit à Gourdon et Cahors… dans les années 70 ! On est en plein dans la rythmique de la danse argentine, chaloupée, gracieuse et enjouée. Un bis, bien entendu et parfaitement écouté, l’Élégie de Fauré le bienaimé, histoire de se quitter dans le rêve et la délicatesse. Prochain rendez-vous pour les 10 ans de l’association et 25e concert, le vendredi 6 octobre. Sur scène deux « pointures » du jazz actuel, Louis Sclavis, aux clarinettes, et Vincent Courtois, un des pionniers du jazz au violoncelle. À ne pas manquer.