Minako Matsuura

Albas – Minako Matsuura, pianiste japonaise étonnante.

L'association Musique à Albas en est à son 27ème concert à raison de deux prestations par an prévues immuablement au printemps et à l'automne. Retour à la musique classique et contemporaine servies par une pianiste japonaise, Minako Matssura, véritable phénomène du clavier. On est toujours étonné de constater les facultés d'adaptation des musiciens nippons à l

a musique française et européenne, au jazz même, alors que l'inverse ne semble pas évident. Il faut savoir quand même que bon nombre de compositeurs occidentaux s'intéressent depuis longtemps aux formes artistiques du pays du soleil levant. Minako Matsuura fait partie de cette phalange de pianistes ''tombée dans le piano'' de très bonne heure. Un travail acharné et une approche remarquable des œuvres interprétées en ont fait une soliste à part. Preuve en était de ce récital tout en nuances, ce qui a priori ne pouvait pas apparaître. Aligner des pièces de Debussy, Beethoven, Fauré, Liszt, Bach et Chopin relevait d'un challenge redoutable que l'apparente fragilité de la pianiste n'a pas craint. Un programme abondant et à géométrie variable ne pouvait que flatter l'oreille d'un auditoire emplissant totalement l'église d'Albas, soit près de 200 personnes. Etonnant non ! A l'écoute d'un tel récital, les ressentis sont fonction des pièces interprétées. Passer de Debussy à Beethoven, de l'Isle joyeuse à la sonate 14 en mineur, et retour à Fauré avec trois nocturnes difficiles, quelle prouesse ! Et c'était loin d'être fini. M .Matssura envoya une magistrale exécution transcendante, partition signée Frantz Liszt. Fin de récital avec le père de la musique, Jean-Sébastien Bach et les deux célèbres cantates '' Les moutons peuvent paître en paix'', la 208,  et la 147 ''Jésus que ma joie demeure'' firent planer un recueillement salutaire qu'un scherzo de Chopin acheva de séduire. Un petit Bach en bis, et chacune et chacun se retrouvèrent pour des nourritures terrestres généreusement offertes par l'association et donateurs. Jean Louis Crassac